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Histoire
P
XVème siècle

Construction de Pardaillan. Le château entre par mariage dans la famille d'Aulède qui en sera chassée à la Révolution.

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1862

De grands travaux de modernisation donnent à Pardaillan son aspect actuel.

4 octobre 1909

Début de l'aventure Roquefeuil à Pardaillan : mes arrières grands-parents, Anthony de Roquefeuil et Jeanne du Perrier de Larsan achètent la propriété aux héritiers de M. Albert Lacaze.

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1934

Reprise de l'exploitation par Max, mon grand-père.

1973

Installation de Thierry. Au programme : restructuration du vignoble, début de la mise en bouteille au château et de la vente directe. Delphine le rejoint en 1988.

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1995

Construction du chai actuel.

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Septembre 2013

Mon installation et mes premières vendanges !

On ne saurait parler de la terre de Pardaillan sans évoquer sa dimension culturelle, car cette terre outre ses vertus géologiques, a une âme ! Elle est riche d’un immense passé humain que nous évoquerons ici pour comprendre Pardaillan.

Dire que Pardaillan fût le berceau de l’humanité serait sans doute excessif, mais la présence de l’homme à l’endroit qui allait devenir Pardaillan, remonte à la préhistoire. Pour preuves, les nombreuses bifaces, grattoirs, pierres taillées du Paléolithique, et haches polies du néolithique, trouvés avec émotion dans les labours des vignes, et qui permettent de penser que, dès l’origine, l’homme trouva les éléments et les conditions nécessaires à sa survie, sur la terre de Pardaillan.

Quelques années plus tard, les lointains descendants des hommes préhistoriques, décidèrent que le difficile et couteux travail préparatoire à l’établissement d’un vignoble de qualité, valait la peine d’être entrepris dans une région bordée et bercée par de grands fleuves (Garonne et Dordogne) propice à la navigation et au commerce. C’est ainsi que l’on trouve trace dans la littérature gréco-romaine des vignobles de la rive droite, qui furent les tout premiers et dont la réputation ne cessera de grandir.

Si la présence de la vigne dans la région de Pardaillan ne fait aucun doute à l’époque Romaine, ce n’est qu’au XIIe siècle que l’on trouve les premiers écrits concernant directement Pardaillan qui s’appelait alors Château de Neyrac.

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En 1475, la « Terre de Pardaillan » passe aux mains de Grimon de Gassies, jurat de Bordeaux en1483-1486-1498. sa petite-fille, Marie de Gassies, dame de la maison noble de Pardaillan, épouse le 28 juillet 1568 Geoffroy d’Aulède, écuyer, Seigneur de Castelmoron, fils de Pierre d’Aulède, écuyer, Seigneur du Cros et de Castelmoron et de Jeanne de Millac. C’est ainsi que la maison noble de Pardaillan entre par contrat de mariage (que nous avons retrouvé) dans la puissante famille des d’Aulède décrite comme l’une des plus anciennes et des plus importantes de la Guyenne, tant par ses alliances que par ses possessions. Ecoutons Guillaume, Duc d’Aquitaine, qui, dans une lettre de 1027, nous dit « qu’Alexandre D’Aulède, son chevalier et grand écuyer, l’a sauvé des embûches Normandes au péril de sa vie, que les d’Aulède étaient des gens illustres et belliqueux, originaires de la Grèce d’où ils étaient venus par la grande mer se fixer en Aquitaine depuis l’an 800 et qu’ils portaient sur leur bouclier, un écu dans lequel était un Lion Couronné ».

De naissance en naissance, Pardaillan reste entre les mains des D’Aulède, jusqu’à la révolution. Pendant ce temps et de mariage en mariage, Pardaillan « s’étoffe » et participe modestement à l’Histoire ? C’est d’abord la rencontre avec Sainte Jeanne de Lestonnac . En effet, Geoffroy D’Aulède, veuf, se remarie le 13 janvier 1585 avec Jacquette de Lestonnac, nièce de Montaigne et sœur de Jeanne connue sous le nom de « Vénérable mère de Lestonnac », Marquise de Monferrand de Landiras, veuve, elle fonde à Bordeaux en 1608, l’ordre des religieuses Filles de Notre Dame qui existe toujours. En 1826, le pape Léon XII prononcera sa béatification.

La plaque portant son nom, que l’on trouve sur la tour Sud Ouest du château, permet de supposer que Sainte Jeanne rendit visite à sa sœur et que Pardaillan lui fut un lieu de repos, où elle aimait avec son oncle Montaigne, disserter philosophie, religion ou poésie.

Mais Pardaillan n’était pas seulement une demeure familiale ouverte et paisible, c’était aussi une maison sûre et prospère où l’on cultivait toujours de la vigne.

On comprend mieux ce que fut Pardaillan dans une description datée de 1690 où Pierre Daulède déclare posséder « la maison noble et repaire de Pardaillan, anciennement appelée de Neyrac, vieille maison bastie de ….

Ses tours, pavillons girouettes, guérites, basse cour, portal, fossés, pont-levis,… colombier, granges, chais, écuries, jardins, vergers, « eyzines », forêt, garennes, pesquey, terres labourables et non labourables, « vignes », prés, pasturages, padensages et autres légitimes possessions situées dans la paroisse de Lugon… »

Un autre document témoigne, pour la dernière fois, de la fortune des D’Aulède : c’est celui de l’inventaire des biens familiaux de la famille D’Aulède mis sous séquestre à la Révolution : » Cars, Blaye, St Androny, St Genès de Fours, Périssac, Lugon, (147 journaux, estimation 121 800 livres, dont 6 000 Livres de mobiliers), Villegouge, St Romain, Castillon, Belves, Bordeaux ; estimation d’ensemble : plus de 500 000 Livres.

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Ainsi Pardaillan était encore à la fin de l’ancien régime, une propriété viticole qui constituait le fleuron d’une famille noble, brillante et socialement dominante, mais les temps changent… L’hivers 1789 a été rude, le pain manque dans le royaume, la révolte gronde et éclate le 14 juillet 1789. Pardaillan et les D’Aulède allaient eux-aussi entrer dans la tourmente d’une façon dramatique.

Revenons aux faits : « Après la nuit du 4 aout qui avait mis fin aux droits seigneuriaux, le décret du 23 juin 1790 prononce l’abolition de la noblesse en tant qu’ordre. Désormais, la survie de la noblesse ne peut devenir que problématique dans une révolution dont l’un des moteurs est d’être anti-mobiliaires ».

Voici en témoignage, un récit que l’on trouve dans les notes de Léo Drouin :

« Dans des visites domiciliaires dans le bourg de Lugon, on tenait des propos menaçants contre les Daulède habitant le château de Pardaillan. A la suite de ces propos, on brûla les 2 bancs que les seigneurs Daulède avaient dans l’église de Lugon. On les mit eux-mêmes à la porte en les menaçant de faire brûler le château, comme on avait brulée les bancs, ce qui les obligea d’abandonner la campagne et d’aller à Bordeaux. Qu’à peine ils étaient éloignés qu’on se transporte à mains armées à leur domicile, qu’on défonce les portes et qu’on y établit les quartiers. Le sieur Daulède jeune voulut reprendre son domicile, mais il fut obligé de l’abandonner à cause des tracasseries qu’on lui suscita. »

Voici un placard qui avait été alors affiché :

BONS CITOYENS

Soyez unis ensembles

Les bancs de Pardaillan

Sont réduits en cendre

Malheur aux aristocrates

Bien connus on pourrait

Subir le même sort qu’eux. »

Les pressions physiques et morales s’intensifiant, l’insécurité était telle qu’après avoir quitté Pardaillan pour Bordeaux, Gabriel Louis Frédéric D’Aulède de Pardaillan, Chevalier de Malte et sa femme Marie D’Aulède du Pizou décident de quitter la France et d’émigrer à Coblentz en 1791 pour rejoindre le Comte d’Artois. Apprenant là-bas la mise sous séquestre de ses bien, il rentre à Bordeaux, mais ne peut empêcher la perte de ses biens. La violence antinobiliaire s’accroissant encore, il passe avec toute sa famille en Espagne pour servir dans la Légion du Marquis de St Simon, corps dont la formation ne s’effectue pas. Le témoignage de Marie D’Aulède sur les conditions de vie en exil à cette époque est particulièrement poignant :

« Par suite de malheurs, nous avons été en butte aux angoisses les plus cuisantes, les plus contagieuses, où la détresse où nous nous trouvons nous a causé des maladies presque continuelles et m’a en peu de temps enlevé 6 enfants en bas âge, une sœur qui m’était chère et une femme de chambre. »

Pardaillan est alors vendu comme bien national le 16 messidor an II (4 juin 1794). Les bâtiments et 34 journaux de terres estimées 34 700 Livres sont adjugés 45 000 Livres à Auguste DECAZES Jeune, agriculteur et sans doute ancien fermier de Pardaillan. Il passe ensuite aux mains des LACAZE par contrat de mariage le 3 mars 1802, entre Mr François Vincent LACAZE et Mme Catherine DECAZE, fille de Pierre-François, Président du Tribunal de 1ére Instance de Libourne.

En 1862, Mr Pierre François Eugène LACAZE devient propriétaire à la suite d’une donation effectuée par Mme Marie Catherine DECAZE, veuve. C’est à cette époque qu’Eugène LACAZE décide d’entreprendre les grands travaux de modernisation du XIXème siècle :

  • Suppression de la cour fermée et des communs,
  • Démolition de la tour d’escalier,
  • Transformation de la plupart des ouvertures,
  • Adjonction de deux corps de bâtiments,
  • Nouveaux emménagements intérieurs.

Heureusement, la forme des toits, les rampants décorés et quelques ouvertures gardent encore les caractères du XVème siècle.

Le 8 janvier 1889, Pierre François Eugène LACAZE, conseiller honoraire à la Cour de Bordeaux, décède à Pardaillan, laissant pour héritiers Mr Albert LACAZE, une fille de religieuse et trois petites filles héritières par représentation de leur père décédé, Mr Ernest LACAZE.

Et c’est donc le 4 octobre 1909, que grand-père et grand-mère achètent Pardaillan aux héritiers de Mr Albert LACAZE et malgré une dernière modification architecturale de grand-père qui, en bon breton et à la mode de l’époque, remplaça les tuiles plates par des ardoises. Pardaillan garde toujours son caractère noble et accueillant, et surtout sa vocation viticole que les Roquefeuil s’emploient depuis trois générations à perpétuer le mieux possible.

Thierry de Roquefeuil

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